Figures du patrimoine
Robert Mallet-Stevens
Robert Mallet-Stevens (1886-1945) a donné au modernisme français ses demeures les plus tenues : six hôtels particuliers dans la rue parisienne qui porte son nom, et la villa Cavrois à Croix, bâtie de 1929 à 1932 pour un industriel du textile.
Robert Mallet-Stevens (1886-1945) est, avec Le Corbusier, la figure du modernisme français d’entre-deux-guerres. Il compose par volumes nets, en retraits et décrochements, sans moulure ni corniche. La rue Mallet-Stevens, ouverte dans le XVIᵉ arrondissement de Paris à la fin des années 1920, aligne six hôtels particuliers de sa main. La villa Cavrois, à Croix, bâtie de 1929 à 1932 pour Paul Cavrois, pousse le principe jusqu’au mobilier et aux poignées de porte, dessinés avec le reste.
Histoire
Paul Cavrois, industriel du textile du Nord, rencontre Mallet-Stevens en 1925 à l’Exposition internationale des arts décoratifs. Il lui commande une maison pour sa femme et leurs sept enfants : soixante mètres de façade en brique jaune — un échantillon rapporté de Hilversum, dont l’architecte fit tirer vingt-six moules pour couvrir tous les angles et toutes les courbes —, une terrasse, un parc, et à l’intérieur le marbre, le chêne et l’acier chromé. Abandonnée après-guerre, la villa est pillée jusqu’aux radiateurs dans les années 1980, sauvée du lotissement par son classement en 1990, acquise par l’État en 2001 et rouverte au public en 2015.
Reconnaître
Des volumes cubiques emboîtés, des angles vifs, des fenêtres en bandeau, un parement de brique claire ou d’enduit lisse et aucun ornement rapporté : le relief naît des seuls décrochements. À l’intérieur, l’architecte dessine les meubles, les luminaires et jusqu’aux ferrures, ce qui rend ces demeures indissociables de leur équipement.
Où
Croix, dans le Nord, pour la villa Cavrois, ouverte à la visite. Paris pour la rue Mallet-Stevens et l’hôtel Martel. Hyères pour la villa Noailles, son premier grand chantier.
Sources (2)
Mis à jour : 30/07/2026