Facette
Architecture & décor
Les éléments d’architecture et de décor — de la tour de défense à la gypserie, du comble à la Mansart au jardin à la française.

L’échauguette
guérite · poivrière · eschauguette · escharguaite
Logette de guet portée en encorbellement à l’angle d’une courtine ou au sommet d’une tour, l’échauguette abrite une sentinelle qui surveille les abords et bat le pied du mur, née du guet médiéval et coiffée d’un toit conique dont dérive la poivrière décorative des manoirs.

L’enfilade
distribution en enfilade · enfilade de pièces · perspective d’appartement
Distribution qui aligne les pièces d’un appartement sur un même axe, leurs portes placées vis-à-vis de sorte que le regard traverse toute la suite d’un seul trait. Née de l’appartement d’apparat du Grand Siècle, elle règle la marche du visiteur, mesure le rang par la profondeur et fait de la perspective intérieure une mise en scène du pouvoir.

L’épi de faîtage
poinçon de toit · merlusine · étoc
Terminaison ornementale qui coiffe la tête du poinçon de charpente émergeant au sommet du toit, l’épi de faîtage protège de la pluie ce bois saillant tout en signalant, par sa forme de vase, de boule ou de figure, le soin porté à une demeure ; en plomb sur les édifices nobles du Moyen Âge, en terre vernissée dans les régions de potiers, il connaît son apogée à la Renaissance.

L’escalier à vis
vis · escalier en hélice · escalier en colimaçon
Escalier hélicoïdal enroulé autour d’un noyau de pierre ou d’un jour central, logé au Moyen Âge dans une tour d’escalier hors-œuvre pour desservir les étages sans les traverser, et porté à la Renaissance au rang de pièce d’apparat, dont Chambord et Blois offrent les manifestes.

L’escalier d’honneur
grand escalier · escalier d’apparat · grand degré
Escalier d’apparat de la demeure classique, conçu pour la parade autant que pour l’usage : aux volées droites montant rampe sur rampe dans une cage ample et éclairée, il rompt avec la vis de la Renaissance pour offrir aux étages nobles une ascension théâtrale, ornée de rampes de fer forgé, de marbres et de plafonds peints.

L’œil-de-bœuf
oculus · œil-de-bœuf
Petite baie ronde ou ovale percée à la partie haute d’un édifice — pignon, fronton, comble ou attique —, l’œil-de-bœuf éclaire d’un jour discret escaliers, greniers et entresols ; son encadrement mouluré en fait, du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle, une signature du classicisme français.

L’orangerie
serre d’hivernage · serre à orangers · orangerie de jardin
Galerie basse et vitrée, ouverte au midi et fermée au nord d’un mur épais, où l’on rentrait l’hiver les orangers et citronniers en caisse pour les préserver du gel : dépendance de prestige des grandes demeures des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, à la fois agrément du jardin et instrument d’une horticulture savante, dont l’Orangerie de Versailles, bâtie par Hardouin-Mansart, fixe le modèle.

La boiserie
lambris de menuiserie · lambris d’appui · lambris de hauteur
Revêtement de menuiserie qui habille et orne les murs intérieurs de la demeure, la boiserie tapisse la pièce de panneaux de bois moulurés, encadre glaces et cheminées et unifie le décor ; d’abord simple lambris protecteur, elle devient sous la Régence et Louis XV l’un des plus hauts arts français, avant le retour à la ligne droite du goût Louis XVI.

La charpente
charpente de comble · ossature de bois · comble
Ossature de bois qui porte le toit et franchit les grands volumes de la demeure ancienne, la charpente assemble sans métal, à tenons et chevilles, des fermes triangulées que relient pannes et chevrons ; de la charpente médiévale à chevrons formant fermes au comble « à la française », puis au procédé de planches courbes de Philibert de l’Orme, elle porte tout le savoir du charpentier.

La cheminée monumentale
grande cheminée · cheminée d’apparat · cheminée à hotte
Grand foyer sculpté qui occupe tout un pan de la salle d’apparat, la cheminée monumentale chauffe la demeure avant d’en dire le rang : hotte saillante portée sur corbeaux au Moyen Âge, manteau armorié au décor de colonnes et de frises à la Renaissance, elle s’encastre et se pare d’une glace au trumeau à l’âge classique, puis se coule dans le marbre au siècle des Lumières.

La courtine
mur d’enceinte · pan de muraille
Pan de muraille tendu entre deux tours d’une enceinte fortifiée, la courtine forme le corps passif de la défense : elle ferme le circuit, porte le chemin de ronde et son parapet crénelé, et s’en remet aux tours de flanquement pour battre son propre pied.

La fabrique de jardin
fabrique · édicule de jardin · folie de jardin
Construction d’agrément semée dans le parc paysager — temple, grotte, pont, ruine feinte, kiosque, pyramide, colonne, laiterie — pour ponctuer la promenade, ménager un point de vue et prêter à la rêverie. Empruntée au vocabulaire de la peinture, la fabrique est le compagnon obligé du jardin pittoresque de la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle.

La fenêtre à meneaux
croisée · fenêtre à croisée · croisée de pierre
Baie divisée par un montant de pierre vertical, le meneau, et croisée d’une traverse horizontale qui la partage en quatre compartiments — la croisée du gothique finissant et de la Renaissance, ordinairement supprimée au XVIIᵉ siècle quand la haute fenêtre vitrée s’impose.

La génoise
corniche génoise · corniche à la génoise
Corniche méridionale de tuiles canal posées en encorbellement sous l’égout du toit, la génoise ferme l’avant-toit d’un à quatre rangs superposés et scellés au mortier ; venue de Gênes, diffusée en Provence et dans tout le Midi méditerranéen à partir du XVIIᵉ siècle, elle éloigne du mur les eaux de ruissellement et protège l’enduit des demeures de pierre.

La glacière
puits à glace · fosse à glace
Fosse maçonnée profonde, souvent enfouie sous un tertre planté d’arbres, où l’on entassait l’hiver la glace récoltée sur les pièces d’eau, isolée de paille et drainée par le fond, pour tenir le froid tout l’été et servir la table. Cette dépendance discrète des parcs d’Ancien Régime disparut avec le froid artificiel.

La gypserie
décor de plâtre · giperie · ouvrage de gipier
Décor de plâtre mouluré et sculpté qui habille plafonds, dessus-de-porte et murs des demeures méridionales, la gypserie est l’art d’intérieur de la Provence classique : tirant parti des gypses du Sud-Est, elle connaît son âge d’or dans les hôtels particuliers d’Aix-en-Provence aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, où le gipier tient, en plâtre blanc, le rôle du sculpteur de pierre.

La lucarne
lucarne à fronton · lucarne jacobine · lucarne capucine
Baie verticale dressée en saillie sur le versant d’un toit pour éclairer et aérer le comble, la lucarne réunit une façade maçonnée, deux joues et une petite couverture propre ; d’abord utilitaire, elle devient au XVᵉ siècle et à la Renaissance un morceau de bravoure qui signe et date une toiture.

La tourelle
échauguette · tour d’escalier · poivrière
Petite tour accessoire, portée en encorbellement à l’angle d’un édifice où elle sert de guette, ou accolée au logis pour y loger un escalier en vis, la tourelle passe de la défense médiévale au prestige de la Renaissance et demeure l’un des signes les plus immédiats du manoir et du château français.

Le comble à la Mansart
comble brisé · toit à la Mansart · mansarde
Comble brisé dont chaque versant se divise en deux pentes — un brisis inférieur presque vertical, percé de lucarnes, et un terrasson supérieur à faible pente —, profil qui dégage sous la charpente un étage habitable et qui doit son nom à l’architecte François Mansart, qui en généralisa l’emploi au XVIIᵉ siècle.

Le donjon
tour maîtresse · grosse tour · tour seigneuriale
Tour maîtresse du château médiéval, à la fois logis du seigneur et ultime réduit de la défense, le donjon domine la place de sa masse : quadrangulaire aux XIᵉ et XIIᵉ siècles, il se fait circulaire sous Philippe Auguste pour supprimer les angles morts, avant que l’artillerie à poudre ne le réduise, à la fin du XVᵉ siècle, au rang de pur signe de puissance.

Le fronton
fronton triangulaire · fronton cintré
Couronnement de forme triangulaire ou cintrée hérité du pignon des temples gréco-romains, coiffant une façade, un avant-corps, une porte ou une lucarne, délimité par une corniche et souvent orné d’un décor sculpté dans son tympan, dont la Renaissance italienne puis française fit l’un des signes majeurs de l’ordre classique.

Le jardin à l’anglaise
jardin paysager · parc paysager · jardin anglais · jardin anglo-chinois
Jardin paysager né en Angleterre au XVIIIᵉ siècle et adopté en France sous les Lumières : tracés sinueux, vallonnements et pièces d’eau irrégulières composent une nature idéalisée que ponctuent des fabriques — temple, grotte, ruine. Contrepoint du jardin régulier, il substitue à l’axe et à la symétrie l’émotion, la promenade et la rêverie.

Le jardin à la française
jardin régulier · jardin classique · jardin de propreté · jardin à la Le Nôtre
Jardin régulier qui soumet la nature à la géométrie : parterres de broderie, grand axe, perspectives fuyantes, pièces d’eau et bosquets s’ordonnent selon une symétrie commandée depuis la demeure. André Le Nôtre en fixe le modèle à Vaux-le-Vicomte puis à Versailles, au XVIIᵉ siècle. Le nom, lui, est une invention rétrospective de la fin du XIXᵉ siècle.

Le mâchicoulis
mâchicoulis · machecoulis
Galerie de pierre en encorbellement au sommet d’une muraille ou d’une tour, percée d’ouvertures par où les défenseurs battaient verticalement le pied du mur ; substitut maçonné des hourds de charpente, il couronne les fortifications françaises du XIIᵉ au XVᵉ siècle, puis survit comme motif d’apparat.

Le parterre
parterre de broderie · broderie de buis · compartiment de jardin
Compartiment plat et ornemental disposé au pied de la demeure, en tête du jardin régulier, où le tracé du buis, du gazon, du sable et de l’eau se lit d’en haut comme un dessin posé sur le sol. Réglé par la symétrie et l’axe, il fait de l’avant du château une surface composée, offerte au regard porté depuis les fenêtres ou la terrasse.

Le pigeonnier
colombier · fuie · fuye · volière
Tour ou édifice voué à l’élevage des pigeons, aux parois garnies de niches nommées boulins. Sous l’Ancien Régime, le colombier à pied, garni de nids du sol au faîte, fut dans les pays de coutume un privilège de la noblesse aboli dans la nuit du 4 août 1789. La fiente, engrais recherché, en fit un instrument de rente autant qu’un signe de rang.

Le pont-levis
pont mobile · pont tournant
Pont mobile jeté sur le fossé devant la porte d’un château, dont le tablier se relève pour interdire le passage et se rabat pour l’ouvrir, manœuvré par des chaînes ou par des flèches à contrepoids logées dans deux fentes de la façade, en usage du XIIᵉ au XVᵉ siècle avant d’être remplacé, presque partout, par un pont dormant de pierre.

Le potager historique
potager clos · jardin potager · potager décoratif
Jardin nourricier ordonné et le plus souvent clos de murs, où les cultures maraîchères et fruitières sont réglées avec le soin d’un jardin d’agrément : carrés géométriques, allées, bassins, arbres palissés en espalier contre des murailles qui réchauffent l’air. Le Potager du Roi, créé pour Louis XIV par La Quintinie, en demeure le modèle savant.

Les communs
dépendances de service · bâtiments de service
Ensemble des bâtiments de service d’un château ou d’une grande demeure — écuries, remises, sellerie, buanderie, cuisines, logements du personnel —, distincts des dépendances agricoles et le plus souvent disposés autour de la cour d’honneur, dont l’âge classique fit un morceau d’architecture à part entière, réglé par la symétrie et accordé au corps de logis.

Les douves
fossés · fossé en eau · douve
Fossé, à sec ou plein d’eau, ceinturant un château, une maison forte ou une place forte : obstacle défensif né avec la motte castrale du Xᵉ siècle, franchi par le pont-levis, que l’artillerie prive de son utilité militaire à la fin du XVᵉ siècle et qui devient alors miroir d’eau et faire-valoir de la demeure.