Avec la bibliothèque Sainte-Geneviève, bâtie de 1843 à 1850, Henri Labrouste (1801-1875) montre pour la première fois dans un édifice public une ossature de fer sans la dissimuler : seize colonnes de fonte y portent deux voûtes en berceau ajouré.
Henri Labrouste (1801-1875) est l’architecte qui fait entrer le fer dans l’architecture savante. À la bibliothèque Sainte-Geneviève (1843-1850), il enferme dans une enveloppe de pierre à l’italienne une salle de lecture dont la charpente de fonte et de fer reste entièrement visible. Il reprend le principe à la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, où la salle de lecture achevée en 1868 déploie neuf coupoles de faïence sur des colonnes de fonte grêles, et où le magasin central empile ses planchers à claire-voie.
Histoire
Formé à Rome, Labrouste appartient à la génération qui doute de l’imitation des styles. Sainte-Geneviève lui est commandée en 1839 et bâtie de 1843 à 1850 : sur la façade, huit cent dix noms de savants et d’auteurs gravés dans la pierre, rangés de Moïse à Berzelius, tiennent lieu de décor et de catalogue. À l’intérieur, la fonte est laissée nue. Le parti scandalise l’Académie et fonde une lignée qui va des Halles de Baltard aux gares du siècle.
Reconnaître
Chez Labrouste, la pierre fait l’enveloppe et le métal porte : colonnes de fonte à chapiteau grêle, arcs à claire-voie, rivets et rosaces laissés visibles, verrières zénithales. Le décor est dessiné dans la structure elle-même plutôt qu’ajouté sur elle.
Où
Paris, place du Panthéon pour Sainte-Geneviève, rue de Richelieu pour la salle qui porte aujourd’hui son nom. Le principe a essaimé dans les bibliothèques, les marchés couverts et les grands magasins de la seconde moitié du siècle.
Sources (2)
Bibliothèque Sainte-Geneviève — notice Mérimée
Protection Monuments HistoriquesMinistère de la Culture, base Mérimée / POP
Henri Labrouste (1801-1875), architecte
Source institutionnelleBibliothèque nationale de France
fer et fontebibliothèque Sainte-GenevièveXIXᵉ siècle