Au fond du parc de Trianon, Marie-Antoinette (1755-1793) fit élever de 1783 à 1786 par Richard Mique un hameau couvert de chaume : la maison de la Reine, le moulin, la laiterie, le colombier, la tour de Marlborough et une ferme en état de marche.
Marie-Antoinette (1755-1793) reçoit le Petit Trianon de Louis XVI en 1774 et en fait le domaine où elle échappe à l’étiquette. Elle y remplace le jardin botanique de Louis XV par un jardin à l’anglaise semé de fabriques, puis fait bâtir de 1783 à 1786, par son architecte Richard Mique, le Hameau de la Reine : des bâtiments de torchis et de chaume disposés autour d’un étang — la maison de la Reine, le réchauffoir, le moulin, la laiterie, le colombier, la grange, la tour de Marlborough — et, en retrait, une ferme avec son étable, sa bergerie et son poulailler. Le décor est feint, l’exploitation ne l’est pas.
Histoire
Le Petit Trianon, bâti par Ange-Jacques Gabriel pour Madame de Pompadour, échoit à la reine en 1774. Autour, Richard Mique dessine un jardin à l’anglaise, avec grotte, belvédère et temple de l’Amour. En 1783, la reine décide d’y ajouter un hameau, inspiré des villages normands : les murs sont crépis pour imiter la fissure, les colombages sont peints en trompe-l’œil, les toits sont de chaume. Une ferme y produit vraiment lait, œufs et fromages, confiée à un fermier et à son bétail.
Reconnaître
Le hameau applique le vocabulaire rural — chaume, torchis, colombage, escalier extérieur, galerie de bois — à des bâtiments dont le plan et le confort sont ceux d’une résidence. Le vieillissement y est peint plutôt que subi : c’est le trait qui distingue une fabrique de jardin d’une ferme ancienne.
Où
Versailles, au fond du domaine de Trianon. Le modèle a essaimé dans les parcs français de la fin du XVIIIᵉ siècle, où laiteries d’agrément, moulins décoratifs et chaumières ornées se rencontrent encore.
Sources (2)
Domaine de Marie-Antoinette — notice Mérimée
Protection Monuments HistoriquesMinistère de la Culture, base Mérimée / POP