Figures du patrimoine
Victor Hugo
Poète et romancier, Victor Hugo (1802-1885) a donné à la défense du bâti ancien son texte de combat : « Guerre aux démolisseurs », paru le 1ᵉʳ mars 1832 dans la Revue des Deux Mondes, y réclame une loi contre la démolition des monuments. Elle viendra en 1887.

Victor Hugo (1802-1885) est le premier à porter devant l’opinion la cause des monuments menacés. Une note de 1825 sur la destruction des monuments ouvre le dossier ; « Guerre aux démolisseurs », publié en 1832 dans la Revue des Deux Mondes, y ajoute la demande d’une loi. Son roman Notre-Dame de Paris, paru en 1831, obtient pour la cathédrale ce qu’aucun rapport administratif n’avait obtenu : il la rend populaire.
Histoire
Le premier texte date de 1825, une note où Hugo recense les édifices abattus, vendus à la pierre ou laissés à l’abandon. Il y revient le 1ᵉʳ mars 1832 dans la Revue des Deux Mondes, sous un titre qui restera. Le pamphlet vise les fabriques qui vendent le plomb de leurs toitures, les conseils qui élargissent une rue au prix d’un cloître, les restaurateurs qui grattent une façade jusqu’à l’effacer. Guizot avait créé l’inspection des monuments deux ans plus tôt ; la loi, elle, attendra 1887.
Reconnaître
L’argument de Hugo tient en deux propositions que le siècle retiendra : dans un édifice, l’usage appartient au propriétaire, la beauté appartient à tous. De là procède l’idée qu’un bien privé puisse relever de l’intérêt public — le principe même du classement d’office que la loi de 1913 finira par établir contre le gré du propriétaire.
Où
Notre-Dame de Paris, que le roman de 1831 rendit populaire avant que Lassus et Viollet-le-Duc n’en reprennent le chantier en 1844. Et, plus largement, les édifices médiévaux qui durent à cette campagne d’opinion d’échapper à la pioche.
Sources (2)
Mis à jour : 30/07/2026